• L'EPREUVE FINALE D 'HAMSADEA POUR DEVENIR UN OISEAU DE PARADIS

    C'est Nimozette et Dominique que vous voyez sur cette photo (50) du 15 janvier 2010 et dont vous pouvez visionner la danse en cliquant sur le lien vidéo que nous proposons apres ce paragraphe.Cette video a été réalisée en 2009 à Mahalé, Kribi, Cameroun. On y trouvera ,joué par Nim & Dom, l' épisode du théâtre des oiseaux de Paradis où l'enfant Hamsadea devient un oiseau de Paradis . Ce même épisode est également narré ci-dessous dans les sections 5-10 à 5-19  de la clé 6 du Théâtre des oiseaux de paradis, publiée en 1993 par LA BARTAVELLE EDITEUR dans les 108 poèmes clefs de Dominique Oriata TRON ,livre illustré de plus de 100 photos en couleurs et proposé dans divers catalogues de libraires ( chercher ce titre sur Internet) . Sur < www.slideshare.net/TronOriataDominique >, on pourra consulter   la clé 17 qui propose des indications précises pour la mise en scène et qui est accompagnée d'une centaine d'autres photos. Sur le même site , on trouvera des versions illustrées en tahitien, en espagnol , en anglais et en tamil. Sur on trouvera une centaine d' enregistrements vido et audio de Dominique et de ses proches .Sur la présente vidéo, c'est Dominique qui a réalisé le montage , en jouant de la flûte de pan de la main gauche et des castagnettes de la main droite. Dominique a reçu en 1966 le prix du jeune travailleur intellectuel, apres la publication de son premier livre en 1965 chez Seghers, préfacé par Elsa Triolet. Il a ensuite obtenu en 1977 un doctorat en Etudes thâtrales avec la mention tres bien .Il a publié plusieurs ouvrages et réalisé de nombreuses peintures. Il a étudié et enseigné la danse et le théâtre en Europe, en Asie et en Polynésie, avant de venir vivre en Afrique le 20 janvier 2009 ,avec Nimozette Filola NZOKE , en Afrique où il est né en 1950. Ses poèmes ont été étudiés à l'écrit du baccalaureat et dans des universités.

    CLIQUER SUR LE LIEN DE LA VIDEO :

    http://www.youtube.com/watch?v=dGF7Wqxkxrw

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    10

     

    Lorsque l'enfant s'éveille, il cherche où est le ciel

    Il appelle et il pleure en vain dans la forêt

    Il erre solitaire, il crie épouvanté

    Il ne sait plus de quel côté se diriger...

     

    Enfin le vent se lève, et chasse les nuages

    Et devant lui se dresse un sommet enneigé...

     

    Alors il se souvient : l'Oiseau était parti

    Rencontrer tout là-haut les peuples des villages

    Et là-haut il pourra enfin le retrouver !

     

    Il danse en avançant dans la verdure

    Il danse dans la joie jusqu'au midi paisible !

     

    11

     

    Sur son chemin alors il découvre un village

    Au détour d'un bosquet. Ce village est désert...

    Sur la place publique une fontaine s'offre...

     

    L'enfant s'approche et boit cette eau si fraîche

    Il attend, souffle un peu, s'apprête à repartir...

     

    C'est alors que plus loin, soulevant la poussière

    Surgit un escadron de brigands chamarrés...

    Leurs cris, la cavalcade des chevaux qui tous hennissent

    Ont effrayé l'enfant qui n'a jamais vu ça !

    Ces gens ont le profil de princes sans scrupules

    Vite Hamsadéa va se cacher dans une maison vide...

     

    Et de là il entend les pillards qui s'assemblent

    Avec des hurlements, de plus en plus nombreux

    Ils rient des villageois partis sur les sommets

    Fêter l'Oiseau du Paradis !

     

    "Buvons, dit le plus saoûl, buvons à la santé

    Du Phénix qui veut nous veut tant rendre la justice

    En appelant le peuple à l'écart de ces lieux

    Loin de tant de trésors sans sentinelles ,à partager !

    Ainsi le Ciel à nous aussi fait signe :

    Allons, pillons, car tout nous est donné !"

     

     

    12

     

    L'enfant qui les observe de la maison a peur...

    Il veut s'enfuir par une issue discrète

    Et trouve enfin la porte arrière d'un jardin...

    Personne ne le voit se glisser dans les bois

    Il court vers la montagne aux neiges éternelles

    Il faut d'urgence prévenir les villageois et l'Oiseau !

     

    Alors il bondit comme une flèche toujours plus haut

    Et aperçoit bientôt les enfants, les femmes et les hommes

    Assemblés pour danser près de l'Oiseau Amour !!!

     

    13

     

    AInsi l'enfant enfin est proche de son but

    Ebloui maintenant par la Lumière bleue

    Qui flotte à l'infini très au-dessus des cimes

    Autour des ailes devenues immenses du Phénix

    Et de la large et lente spirale de son vol ...

     

    Hamsadéa n'ose pas avancer davantage

    Il sent sa tête chavirer, et il s'agrippe à un rocher

    Il observe de loin les peuples réunis

    Debout sur la couronne de glace du sommet

    Les yeux tournés là-haut vers l'Oiseau du Paradis !

     

    Chaque homme, chaque femme a tendu vers le Ciel

    Un miroir scintillant comme celui

    Qu'avaient reçu Oriata et Nanihi

    Pour détruire le serpent maléfique

    Et brûler son venin jusqu'à ce que renaisse

    Au coeur de la matière un chant d'humilité...

     

    Ainsi chaque être humain avait jadis reçu

    La vision du Phénix, chacun à sa façon

    Et même les miroirs qui reflètent les Lois...

    Ensemble désormais ils orient ent ces miroirs vers le Ciel

    Ils font converger les éclairs denses de leurs forces

    En un vaste faisceau de Lumière !

     

    14

     

    Les grands prêtres vêtus des robes coutumières

    Et les chefs maintenant munis de porte-voix

    S'appliquent à guider les mouvements du peuple...

    Ils ordonnent finalement que la foudre du Rite

    Soit propulsée plus haut encore dans le Ciel

    A la rencontre de l'oiseau pour le détruire !

     

    Et des milliers d'enfants dansent sur le glacier, patins aux pieds

    Tous connaissent par coeur les hymnes d'espérance

    Les cantiques de l'Humanité unie !

     

    Un orateur explique à la foule

    Que le Phénix était un imposteur

    Un démiurge à l'âme de vampire

    Le responsable de toutes les épidémies

    Le voleur du feu de Dieu

    L'oppresseur de la plupart de ses enfants !

     

    Le peuple et ses élus applaudissent le démagoguef

    Sa voix a suspendu un instant les discordes

    Elle annonce les Temps de l'Homme et de la Femme

    Enfin vainqueurs de l'Utopie paradisiaque

    Et seuls centres conscients règnant sur l'Univers !

     

    Et tous crient dans un élan de joie :

    "Que l'oiseau d'illusion serait anéanti !"

     

    15

     

    Or soudain le Phénix sous la voûte du Ciel

    Fait résonner très fort sa voix, et déclare :

     

    "Il y a bien longtemps, Dieu aux noms innombrables

    Qui par sa danse  a créé tous les Mondes

    Me donna pour mission d'instruire  les humains

    Et j'entendis tinter vos rires d'amoureux

    Près de mon vol secret et des branches prospères...

     

    Le Temps alors ne savait pas éteindre vos regards

    Vos corps étaient les fruits de l'Esprit Eternel

    Et chacun de vos gestes aimait s'en souvenir !

     

    Trop de désirs ont épuisé votre candeur...

    L'âme fut asservie par la matière aveugle

    Et survécurent, insatibles, vos fantômes

    Affamés d'infini, amoureux de la Mort...

    On ne peut espérer mon vol et son contraire !

     

    Et pourtant vous croyez tracer pour vos enfants

    Un chemin radieux où ils pourront régner

    Sans couronner l'Amour, l'Etude des Mystères...

    Vous êtes libres de choisir vos lendemains !

     

    Je le sais ce grand feu dans le Ciel

    Est allumé pour me désintégrer...

    Mais vous, mirages, faces humaines...

    Savez-vous donc où s'éternise le Réel ?

    Vous ne pouvez m'exterminer mais seulement

    Me bannir pour longtemps des nuits de vos pensées !

     

    Ce feu catapulté sur mon plumage

    Obéit à mon chant et vous prive de force...

    Alors, entendez bien, j'exauce votre voeu

    Je partirai pour une planète lointaine...

     

    Je m'en vais loin de vous, je m'en vais m'envoler

    A travers l'étendue sans fin des galaxies

    Seuls vous méditerez sur vos héros, sur vos souffrances...

    Et vous vénèrerez vos appétits

    Jaloux,trompeurs, ignorants et mortels...

    Ce n'est que votre choix, vous l'avez exprimé...

     

    Souvenez vous du temps lointain où vous étiez partis

    Me retrouver pour vous nourrir de ma félicité...

    J'ai tenté patiemment de traduire les Lois

    Qui vous ont engendré dans votre langue humaine...

    Mais vos oreilles sont restées à moitié sourdes

    Vos pensées déchaînaient des typhons de poussière !

     

    Pourtant, je ne peux vous maudire ô vous dont j'ai rêvé...

    Je n'ai qu'une mission : semer toujours la Chance...

    Alors écoutez bien :

     

    S'il en est un qui parmi vous

    Voudra renaître Oiseau du Paradis

    Qu'il ait confiance en lui et dans mon chant

    Son voeu n'est point honteux ni impossible...

     

    Et qu'il rassemble solitaire enfin ses forces

    Et qu'il prenne le risque à jamais de se perdre

    Et qu'il se jette dans le Feu sans crainte et sans envie

    Dans ce feu allumé dans le Ciel pour me détruire !"

     

    16

     

    Alors l'enfant effrayé par la foule

    A quitté le rocher qui le dissimulait

    Il a pris son élan, se lance sur la glace...

    Et son désir accroît l'adresse de ses jambes

    Et il bondit très haut très haut très haut

    Cent fois plus haut que sa propre hauteur !

     

    Il s'est précipité dans le Ciel qui l'aimante

    Et il s'élève encore et plonge dans le Feu

    Et déjà il renaît porteur d'ailes nouvelles

    Oiseau du Paradis semblable à son maître Eternel !

     

    La foudre énorme tourbillonne

    Elle explose au dessus des fastes de la Fête...

    Au sol, sur le sommet, tous les miroirs se brisent !

     

    Les pélerins s'enfuient de peur de  brûler

    A cette pluie de feu multicolore...

    Et leurs cris font tonner d'énormes avalanches

    Et des torrents partout débordent sur les pentes !

     

    Mais toi, nouvel oiseau de paradis, tu danses

    Avec les galaxies suspendues par ton vol...

    Ecoute leurs échos et fais sonner leurs chants !

     

    Des millions de Soleils habitent ton destin

    Et le regard de Dieu t'a délivré du temps

    Tu as offert tes os à son Feu Eternel !

     

    17

     

    Comme le nouvel oiseau de Paradis

    S'éloignait  de la planète pour suivre

    A travers les galaxies son Créateur

    Celui-ci poussa son cri et dit :

     

    "Retourne plutôt près des amants sur le rivage

    Pourquoi veux-tu les priver de ton vol ?

    Et qui guidera donc ton frère le lézard

    Qui t'envoya, ne l'oublie pas, m'interroger...

    Reste près d'eux, et veille sur leurs songes

    Veille sur la vivacité de leurs regards...

    N'oublie pas que pour tous ta vie est mon message

    Et tu dois déployer ton chant et ton plumage !"

     

    18

     

    Le nouvel oiseau répondit :

     

    "O mon maître

    Comment donc déjouer le malheur conquérant

    Si je n'ai le pouvoir d'être à souhait invisible !

    Et comment feras tu de loin pour me guider ? "

     

    "va, sois discret, dit le Phénix,

    Tu as ce pouvoir d'invisibilité!

     

    Et tu me trouveras au plus profond de toi

    Là où la Vie Divine anime et abolit les formes...

     

    Alors tu guideras, discret, les espèces, les peuples , les enfants

    Et les amants dans le verger d'Eden

    Eux que menacent tant les ogres prolifiques...

     

    Et tu sauras chanter pour l'esprit vertueux

    Des poètes studieux, des prêtresses d'amour

    Des danseuses sacrées, des ermites sincères

    De tous les serviteurs patients de la Lumière..."

     

    19

     

     

    Maintenant l'oiseau Hamsadéa redescendait

    Vers les montagnes et les prés...

    Il traversait sans être vu les villages, et sur les places

    Assistait aux fêtes données en son honneur...

     

    Les hommes enivrés par d'amères orgies

    Retrouvaient quelques forces en entendant son chant

    Mais aussitôt on en voyait, dans les taudis et les palais

    Qui s'égorgeaient en son nom, objet de crainte et de blasphème 

     


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